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	<title>VODKACOCA &#124; Sélections particulières et parisiennes &#124; Agenda pour la nuit, vernissage, fête, concert et club à Paris &#187; Madeleine Ventreblanche</title>
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	<description>Sélections particulières et parisiennes</description>
	<pubDate>Wed, 23 Jul 2008 17:46:34 +0000</pubDate>
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		<title>en terre inconnue</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jul 2008 12:53:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

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		<description><![CDATA[On danse sous la terre et vous n’avez pas idée de comme on s’amuse.
On s’aime sous la terre et l’on se love sans savoir si vous comprendriez.
On travaille à la vie dans toute la simplicité de nos corps.
Traversant vos chairs comme vous traversez le temps.
Nous sommes les dieux d’une planète, et les offrandes ne s’arrêtent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On danse sous la terre et vous n’avez pas idée de comme on s’amuse.<br />
On s’aime sous la terre et l’on se love sans savoir si vous comprendriez.<br />
On travaille à la vie dans toute la simplicité de nos corps.<br />
Traversant vos chairs comme vous traversez le temps.<br />
Nous sommes les dieux d’une planète, et les offrandes ne s’arrêtent jamais.<br />
Disciples idiots.<br />
On ne fait pas de cuisine.<br />
Vous nous laissez suffisamment.<br />
Vous nous gâtez.<br />
Renouvèle la foi dans le trépas de vos familles qui pleurent, et nous maudissent.<br />
Rachat des fibres qui vous ont hier rendus heureux.<br />
On en fait des forêts. Des fruits. Des adieux.</p>
<p>Est-ce que savoir qu’on va mourir électrocuter par son grille pain en essayant de s’allumer une cigarette, justifie qu’on s’arrête de fumer prématurément ?<br />
J’ai été enterrée le 23 Juillet 1997. J’avais 20 ans.<br />
J’ai suivi toute la cérémonie en direct. J’aurais voulu crier que je n’étais pas morte et en profiter pour dire que tout ce que racontait l’oncle Henry dans son discours funèbre n’était pas vrai, mais a priori j’étais morte, je ne pouvais pas crier et encore moins blâmer le pauvre tonton qui s’était donné du mal pour aligner 3 lignes grammaticalement correctes.<br />
Décédé, la forme l’emporte. Les contenus sont obligés de se taire.<br />
Ils avaient collé la cousine Bertille pour gérer le lancement des différentes musiques.<br />
A croire que, tant qu’il y aura des morts, Mozart restera à la mode.<br />
Bertille, qui avait toujours rêvé d’être Dj, était ravie. Elle enchainait tout d’une manière catastrophique, obligeant le prêtre à toussoter après chaque lecture pour lui donner le top.<br />
J’attendais. Allongée dans le cercueil, me demandant à quel moment j’allais enfin perdre connaissance, à quel moment j’allais voir la lumière. Youhou ! Qu’est ce qu’ils foutent en haut ! L’impression d’avoir 4 ans, d’être sur le pot, et d’attendre qu’on vienne me torcher.<br />
En vérité, j’avais perdu connaissance depuis belle lurette, j’étais morte, je ne pouvais pas crier et encore moins me chier dessus.<br />
La cérémonie dura son temps, rien de particulièrement émouvant.<br />
Ils me sortirent de l’église. Je pouvais entendre les oiseaux et imaginer qu’il faisait froid.<br />
Procession hivernale. De quoi avoir le bourdon.<br />
J’entendais leurs petits pas dans le gravier. Ils devaient être 6 ou 7, grand max. Ils parlaient à voix basse. « Il faut leur dire que le temps n’est plus aux cachoteries et que c’est la dernière occasion que j’ai de les entendre ». Ils préféraient laisser causer le curé.<br />
C’est l’heure des derniers adieux. Si vous voulez passer près du cercueil pour une dernière prière ou un dernier mot, c’est le moment.<br />
Et moi j’étais toujours là. Toujours à l’écoute. Toujours enfermée. Je ne me sentais pas mal. Je n’étais plus claustrophobe. Je n’avais pas l’impression de devenir folle. J’attendais juste qu’il se passe quelque chose. On m’a promis des sentiers blancs, des arc-anges et tout le bordel, j’ai été sage pourtant, merde qu’est ce qu’il se passe à la fin ?<br />
Ils passèrent un à un devant la tombe, et balancèrent tous une rose dans le trou. Le boucan, merci bien. Et puis ils partirent bouffer des saucisses chez la tante Agathe. Je le sais parce que j’ai entendu Henry qui disait : « Tu as sorti les chipo du congèle avant de partir ? »<br />
Tous les vivants doivent maintenant partir.<br />
Je me suis retrouvée seule. Dans ma fausse. Sur le dos. A rien pouvoir glander d’autre que de penser.<br />
Sans pouvoir se racler la gorge, ni se toucher le menton, ni prendre l’air grave, ou l’air songeur, ni même faire un truc avec mes doigts qui m’aurait donné une certaine suffisance vis-à-vis de moi-même. Rien. Réfléchir, et c’est tout.<br />
C’est à ce moment là que j’ai entendu de la musique. Des voix. Harmonieuses. Enfin presque.<br />
J’ai dit : « Allons bon, qu’est ce que c’est que ça encore ? »<br />
Et quelqu’un m’a instantanément répondu, tout en hurlant à moitié :<br />
« Ce sont les cendres du crématorium, elles ont montée une chorale y’a un mois…quelle idée franchement…elles chantent comme des casseroles. Leurs urnes sont tellement près les unes des autres qu’elles n’entendent rien. Mais écoutez-vous un peu, bandes d’oies ! »<br />
Ca venait de la tombe voisine. J’ai reconnu l’accent. Une voix d’homme. De vieil homme. Avec un accent assez prononcé et assez particulier pour que je le reconnaisse immédiatement :<br />
« Papi ? »<br />
On m’avait foutue à coté de papi.<br />
Manquait plus que ça.<br />
« Oui c’est moi, ma p’tite poule, comment ça va ? J’étais loin de m’imaginer que c’est toi qui viendrais là en premier, qu’est ce qu’il s’est passé ? On t’a assassinée ? »<br />
Mon grand-père est décédé en 1989. D’un arrêt cardiaque. Ma grand-mère l’a suivi à quelques mois d’intervalle. Suicide.<br />
« Non, un accident. Stupide. Mamie est là aussi ? »<br />
« Oh non penses-tu ! »<br />
« C’est à cause du suicide… elle n’a pas pu atteindre le paradis ? »<br />
« Le paradis ? Quel paradis ? Non, elle a juste été bouffée par les vers, et elle est partie. »<br />
Il m’expliqua alors.<br />
Une fois mort, nos âmes restent prisonnières de notre corps jusqu’à ce que celui-ci disparaisse totalement. Si l’on a été réduit en cendres, et foutu dans une urne bien hermétique, c’est généralement bien plus long. Parce qu’il faut attendre que les cendres soient éparpillées au vent, puis toutes assimilées par un organisme lambda.<br />
Pour nous autres, cadavres ensevelis, c’est un peu plus rapide, quoique très variable. « Nous ne pouvons compter, grosso modo, que sur les vers, et quelques insectes à la limite », qui selon la décomposition de notre chair et l’émiettement de nos os, nous digèreront plus ou moins vite.<br />
« Mamie était bien tendre ». Et quand il n’est resté qu’un tout petit grain de poussière de son corps, elle a dit à mon grand-père qu’elle sentait arriver la fin.<br />
« La fin ? Mais, est-ce que ce n’est pas censé être déjà la fin ? Je veux dire. On est mort ! »<br />
Papi continua de m’expliquer en me demandant d’arrêter de poser des questions, et me disant que de toute façon je comprendrai quand je serai morte depuis plus longtemps.<br />
Il semblerait que, tout comme la vie, la mort est à son terme, une fin totalement inconnue.<br />
Certains morts y réfléchissent beaucoup. Ils passent même tout leur temps à y penser et à énoncer des théories sur le sujet. Du coup beaucoup de post-religions émergent, parce qu’évidemment du temps de la vie, on n’avait pas envisagé la mort comme on aurait dû. Tout le travail est à refaire et les synthèses sont de plus en plus compliquées. Beaucoup prennent leur religion de départ, christianisme, judaïsme, islam etc… pour expliquer la mort et envisager l’après mort.<br />
« Mais, est ce qu’on ne serait pas plutôt dans une sorte de purgatoire ? »<br />
« Oula non. Quel purgatoire. Un truc de bonnes femmes hystéros ça. On n’a rien à expier ici. Et personne ne nous promets le paradis. On fait juste notre temps et après…, qui sait ? »<br />
Il continua.<br />
Ici, on a conscience d’être enfermé mais ce n’est pas un souci. Tout comme sur la Terre les vertus de la gravitation nous rendaient tous prisonniers du sol, sous la terre, ou dans la Terre, ou juste mort, les choses sont identiques. On est confiné dans notre boîte ou notre pot, mais la mort continue et l’on fait avec sans pour autant devenir totalement cinglé. On passe son temps à discuter avec nos voisins de tombes, à écouter les familles qui viennent pleurer, à méditer, à se faire des blagues, à jouer au jeu des devinettes, ok je pense à un animal, et cela nous comble autant que de faire l’amour ou de se préparer une bonne bouffe. Le corps n’est plus, et n’a même jamais été. La sensation de manque n’existe pas, puisque la sensation n’existe plus, et l’on se souvient des émotions comme quand vivant l’on se souvenait d’avoir été dans le ventre de sa mère « Et après ? »<br />
« Aucune idée ! Je ne préfère pas y penser ! Il ne me reste pas bien longtemps à tenir de toute façon.<br />
Je ne suis plus qu’une ruine de squelette. J’espère juste retrouver ta grand-mère. Si possible en toge blanche à moitié nue dans un jardin de raisins rouges…HA HA HA n’importe quoi ce vieux ! »<br />
« Et en attendant ? » je demandai.<br />
« En attendant ma p’tit poule, on ne peut que se remémorer sa vie, on a même tout le temps d’y penser. Et si la vie ne t’as rien expliqué, la mort n’a d’autre but que d’apprendre à se connaître enfin. »</p>
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		<title>ECOUTER LES MAMIES</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jul 2008 09:15:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

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		<description><![CDATA[2001
Tu viens de naître. Tu dis bonjour t’es bien poli et puis bien avant que tu ais pu dire « Flagada Jones » tu es confronté à la dure réalité de la vie, aux pertes blanches, et au gestes cons du quotidien comme vider le lave-vaisselle et ranger les fourchettes dans le compartiment fourchettes, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>2001<br />
Tu viens de naître. Tu dis bonjour t’es bien poli et puis bien avant que tu ais pu dire « Flagada Jones » tu es confronté à la dure réalité de la vie, aux pertes blanches, et au gestes cons du quotidien comme vider le lave-vaisselle et ranger les fourchettes dans le compartiment fourchettes, et les couteaux dans le compartiment couteaux et les cuillères dans le compartiment cuillères…le lire ou le faire…c’est triste mais tu trouves ça normal. Et puis un jour, alors que tu t’apprêtes à poser ces putains de verre à porto sur l’étagère « verres à porto », tu te dis stop. De qui se moque t-on ?<br />
On t’a promis le bonheur si tu étais gentil.<br />
On t’a dit : « le Salut se prépare au jour le jour ».<br />
On t’a fait lire Spinoza, et choisir ta religion parce que « c’est mieux pour son épanouissement …»<br />
A chier. Refuse. Tu n’es pas Willow.<br />
Tu as maintenant 16 ans et tu te cherches « un petit job d’été » : entre en guerre contre les vendeurs Gap. Adule les caissières du Félix Potain de la rue de Sèvres. Deviens Barman.<br />
Crie haut et fort : « Moi aussi je veux plonger nu dans une margharita géante  et être l’égérie d’un clip de Marylin Manson. »<br />
Tu deviens le méchant loup-garou du campus, tu es le héros de ta propre légende urbaine. Tu coinces Ophélie Winter dans un coin et tu la violes avec tes potes en lui disant que de toute manière « tout le monde le fait »… maintenant ton fantasme c’est Amélie Poulain sodomisant cette connasse de Buffy avec  une clef USB.<br />
Tu as 18 ans. Si jusque là tu as suivi tous ces conseils, tu es mine de rien bien préparer à la vie…en toute logique, tu t’inscris en droit à Assas.<br />
A 20 ans tu ne saignes plus du nez quand tu te fais une ligne, à 21 tu pratiques déjà l’alcoolisme mondain. Prends-toi en main et brûle l’Emile ! Prépare le prochain coup de pute que tu vas faire à Nicolas Rey, et arrêtes de croire que Vincent Delerme est le mec idéal ! Emancipation.<br />
Toi aussi tu as envie de te lancer dans la pub, d’être l’ambassadeur d’une grande marque de cosmétique. Toi aussi tu as envie de produire de la real-TV, de gagner plein de thunes et après d’aller balancer dans une émissions littéraire que tu es communiste ! Oui Monsieur, parfaitement.<br />
Assume d’appeler des déménageurs professionnels quand tu pourrais très bien faire le boulot tout seul, ne te laisse pas avoir par le vieux qui prend systématiquement le bus aux heures de pointe et à qui il faudra que tu laisses ta place…. Dis non. Non mais vous n’avez rien à foutre de la journée et il faudrait que je me bouge ?<br />
Les calvities devraient être interdites et les massages de pieds obligatoires et remboursés pas la Sécu. Ah oui. Aussi. Cesse de sourire comme un con à chaque fois que tu croises un bébé.<br />
Préfère la ville à la campagne ; milite pour que Paris devienne officiellement le centre du monde, mais n’hésite pas à dire en tant voulu qu’il n’y a rien à y foutre et passe tes vacances à Vauvert…<br />
Allie-toi au mec qui fait des vraies longueurs à la piscine, le mec qui a imposé son couloir, celui qui a pris le pouvoir ; deviens égoïste ; deviens artiste ; mieux ! Deviens acteur ! Maintenant tu ne vis que pour une chose : passer chez Fogiel. A 30 ans le stress et toi êtes pacsés, tu manges liquides à cause de tes ballonnements à répétition, mais tu t’en fous ; a 40 tu t’aperçois que tu as oublié de faire des mômes : Tant mieux !<br />
A 50 tu meurs, faut bien y passer, et là s’il te plait, sois un ange. Ne gâche pas tout. Finis en beauté. Et meurt de tout, sauf d’amour. </p>
<p>-extra-<br />
Chaque résultat mathématique est une émotion. Factorisant la dissection essentielle.<br />
Chaque théorie est une tentative de séduction.<br />
La prise trop fréquente d’ibuprofène et de paracétamol facilite les crises d’angoisse.<br />
La spasmophilie est une manifestation artistique de l’inconscient.<br />
Mes capteurs sont nombreux, et j’ai du plomb dans le sang.<br />
Les équations sont des psychothérapies.<br />
La médecine est une harmonie de couleurs et de formes que la peinture clonera quand on aura enfin compris ce que c’est que la peinture.<br />
L’intuition est ta meilleure partenaire et je ne comprends toujours pas que plusieurs d’entre vous la méprise.<br />
-extra-</p>
<p>2008<br />
Tu viens de naître. Avant de faire quoique ce soit, tu attends qu’on t’explique toutes les possibilités qui s’offrent à toi. Fais-leur développer. Si les propositions ne sont pas satisfaisantes, tu demanderas à te faire congeler.<br />
Les compromis se négocient et chaque geste débile doit se payer. Tu es en position de force. Ils le savent bien. Ne te dévalue pas et arbore cette malice qui n’a pas encore besoin de collagène pour  survivre.<br />
Personne ne se risquera à te promettre quoique ce soit. Le libéralisme est dépassé par des tribus brésiliennes pour qui le concept de reconnaissance n’existe pas. Profites-en.<br />
Troc ton landau contre un bon processeur. Méprise les lettres de motivations et dessine des personnages hybrides en précisant que tu maîtrises la nouvelle version de PhotoShop.<br />
Tu as maintenant 16 ans. La démocratisation de la cocaïne te rapporte suffisamment. Distribues- en sur la plage en gueulant « coco » et plonge les vieillards dans cette nostalgie de fin de siècle qu’ils ont vue passer trop vite.  Tu n’es pas malin. Tu es logique.<br />
Rentabilise tes échanges et fais-toi prêter villas avec piscines. Il en reste plein.<br />
Tu deviens ce profile qu’on veut pour ami. Accroche ton portrait sur le fronton des églises et déclare que Dieu est d’accord.<br />
Tu as 18 ans. Tu es déjà le saint blasé de Cioran. On se confie à toi comme à un sage, mais tu n’y trouves pas assez de matière pour en faire une chanson. Casse ta guitare et deviens migraineux. Tu sauras pourquoi pleurer.<br />
A 30 ans tu es désespéré avec des envies de gosse attardé. C’est normal.<br />
Le sexe est devenu ce truc aussi chiant que de lire un livre en entier.<br />
A 40 ans tu te casses en Afrique en pensant que tu y apprendras quelque chose.<br />
A 50 tu en reviens avec tout un tas de maladies que ton système immunitaire lyophilisé non gras, non sucré, et sans goudron n’a pas su gérer.<br />
Tu décides d’en finir rapidement et tu avales ton téléphone portable, tout en composant le numéro de cette fille que tu as oublié d’aimer. </p>
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		<title>Teaser des spasmes</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Jun 2008 07:33:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

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		<description><![CDATA[Tachycardie. Mon cœur qui bat à 210 pulsions par minutes pendant 3 jours.
Arythmie. Mon cœur qui bat n’importe comment tous les jours de l’année.
D’abord 5 coups. Puis rien pendant 2 bonnes secondes. Encore 5 coups. Puis rien pendant 2 bonnes secondes.
Maternelle. Je tombe d’un escalier et m’ouvre le menton, et m’esquinte le nez. Petite cicatrice [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tachycardie. Mon cœur qui bat à 210 pulsions par minutes pendant 3 jours.<br />
Arythmie. Mon cœur qui bat n’importe comment tous les jours de l’année.<br />
D’abord 5 coups. Puis rien pendant 2 bonnes secondes. Encore 5 coups. Puis rien pendant 2 bonnes secondes.<br />
Maternelle. Je tombe d’un escalier et m’ouvre le menton, et m’esquinte le nez. Petite cicatrice que je garde toute la vie.<br />
Plus tard, en sautant d’une toute petite falaise (une digue franchement pas très haute), je me suis coupée le bout du gros orteil. J’ai récupéré le petit dôme de chair qui avait atterri dans le sable et ai essayé de me le recoller avec de la glue. Mon père m’a engueulée.<br />
A la même époque, trop de chahut sur l’herbe en pente. Je suis tombée. Foulure de la cheville droite et 2 doigts de la main cassés.<br />
Toujours à la même époque, ou peut-être bien un peu plut tôt. Je suis tombée à vélo.<br />
Il pleut. Je joue devant mon immeuble. Avec Cyril qui est trisomique.<br />
Il fallait lui en mettre plein la vue. Qu’il en ait pour sa vie, courte. Urgence. C’est l’épaule qui est en miette.<br />
En cours de danse, j’ai vu « plein de petits points blancs ». J’ai dit : « Oh merde, qu’est ce qui m’arrive, je vois plein de petits points blancs ! » Les autres ont bien ri, pendant que je pensais que j’avais un surplus de globules qui me remontait dans les yeux.<br />
Des années et des années plus tard, je me suis inscrite à la boxe. J’étais à la fac. Fac de Lettres. Il fallait contrebalancer cette histoire de fragilité qu’on associe aux étudiantes de Lettres modernes. J’ai eu des douleurs dans les tibias et les mollets pendant environ 2 mois. J’ai bien sûr arrêté la boxe. De toute façon j’étais mauvaise.<br />
A la maternelle, quelques genoux écorchés, mais ça ne compte pas.<br />
J’avais à peine 3 semaines de vie, quand je suis tombée de ma table à langer. Maman a hurlé. Puis pleuré. Puis hurlé. Double fracture de mon crâne encore mou. Tout va bien, mais j’ai donné le ton.<br />
A 5ans, j’ai croqué dans un thermomètre au mercure pour prendre ma température comme dans les films américains. J’étais en classe. Je voulais épater la galerie. On m’a emmené à la pharmacie. J’y ai retrouvé Maman, qui, elle, avait avalé de l’eau de Javel sans faire exprès. La pharmacienne a failli appeler les services sociaux.<br />
A 7 ans, j’ai posé ma main droite sur un projecteur brûlant dans un théâtre, en visite scolaire. J’avais vu la lumière. Un truc m’appelait. J’ai cru qu’une porte magique se dévoilerait sur les chants divins qui résonnaient dans ma tête (des arc-anges avec des trompettes). Ma main est restée collée au projecteur. Brûlure au 2éme degrés. Cloques en vie qui éclatent et dansent sur le chemin du retour pendant que je pleure. Humour de Dieu.<br />
Malgré tous ces accidents, je n’ai été opérée que 2 fois :<br />
Ablation de l’appendice à 13 ans. Je me suis réveillée en pensant que j’avais été violée sous anesthésie.<br />
Ablation des amygdales à 18 ans. Je me suis réveillée en faisant une hémorragie interne et ai été réopérée en urgence dans un ascenseur. « J’avais jamais vu autant de sang ! » a lancé le chirurgien pour rassurer mes parents.<br />
Trop de choses dans le corps. Les purges s’imposent et les viscères se font la malle.<br />
Femme, Femme, Femme.<br />
Sang, Sang, Sang.<br />
Ventre, Ventre, Ventre.<br />
Enfant, Enfant, Enfant.<br />
Hystérie bas de gamme.<br />
Les crises de mal de ventre, donc. Autant de sortes que de valeurs de gris.<br />
Flatulences, tiraillements, crampes, liquéfaction, pic, chatouilles, grattouilles, picotements, spasmes, contraction, crispation, tiens on dirait une chanson. J’ai une boule dans le ventre. En fait tu en as des centaines et on appelle ça des kystes. Tumeurs, polypes, sarcomes, adénites, adénomes, bubons, excroissance, fibromes, grosseurs. Grossesse ? Oui mais nerveuse. La première à 15 ans.<br />
Douleurs intercostales. Points de côté. Aérophagie. Blocage du plexus solaire : je n’ai pas eu de règles pendant 6 mois.<br />
Défaillance, trou, absence, insuffisance, pénurie, déficit, déficience, rien, négligence, erreur, privation, abstinence, jeûne, frustration, suppression. Des glandes. On y revient :<br />
Vertiges, ulcère, coma, incontinence, diabète ou anémie, thalassémie ou anémie, catalepsie, rien, champignons, alcoolémie, déshydratation, anorexie, Carême, inhibition, défiguration.<br />
Carences : il faut faire attention à ce que vous mangez, mademoiselle !<br />
Magnésium. Vitamine C. Fer.  Et un peu de Lexomile si besoin.<br />
A 18 ans j’ai commencé à faire des crises d’angoisse. La première je m’en souviens. J’étais sur le quai de la gare de Sartrouville. Il était environ 22h. J’allais rejoindre mon petit copain, chez lui, à Paris.<br />
Accélération du rythme cardiaque. Fourmillement dans les mains. Dans les pieds. Dans les jambes. Envie de vomir. Tête qui tourne. Sueurs froides. Je suis rentrée chez moi.<br />
Rencontre avec le Prozac. Ton nouveau meilleur ami. Celui qui devient plus important que la télé.<br />
Saison 12 d’une émission qui te rassure. On augmente les doses. On aime son cachet.<br />
Etranglement. Souffle coupé. Salive blanche bien compacte. On se force à roter pour avoir l’impression de respirer. On crache aussi pas mal. Pertes blanches par la bouche.<br />
Glaires goudronnées. On n’arrête pas de fumer. De la morve partout. On se mouche tout le temps. Les parois nasales deviennent sèches. On a l’intérieur du nez qui tombe en miette et pourtant on ne prend pas encore de cocaïne.<br />
Les maux de tête. Des migraines. Les céphalées. Les « je m’en fous je vais m’exploser le crâne contre ce mur », les « putain je viens de te dire que j’allais m’exploser le crâne contre ce mur, laisse-moi faire ou je te tue. » En 2002, je me suis réveillée migraineuse. L’impression que deux plaques de métal, assez fines, s’était glissée sous la stratosphère de mon crâne, côté gauche et côté droit, et essayaient, l’air de rien, de se rapprocher l’une de l’autre, en prenant bien leur temps de façon à ne pas éveiller les soupçons. Je jure que la migraine a été constante, tous les jours pendant près d’un an.<br />
Elle se répandait dans les dents, dans toute la mâchoire. Les scanners ne disaient rien. J’ai cru que ça durerait toute la vie. Alors à défaut de me tuer tout de suite, j’ai décidé de l’adopter, et voir si l’on arrivait à cohabiter ensemble. C’est alors qu’elle est partie. Du jour au lendemain. Après un an de squatte. Comme elle était venue. En marginale. Sans laisser de lettre. En analphabète. « On ne saura jamais ce qu’elle voulait alors ? » dirait la blague. Elle m’a manqué la première seconde. La deuxième aussi. Je l’ai cherchée : « C’est bizarre, j’ai plus mal à la tête… c’est pas normal », c’est ce que j’ai dit en me réveillant. Complaisance et jardinerie. Je cumule les symptômes comme on cultive les jobs pourris.<br />
Les rages de dents, qui décrivent leurs canaux enflammés comme pour t’expliquer ta propre anatomie. On te lime l’intérieur de la racine et ça te remonte jusque dans la joue. Tes yeux veulent exploser mais n’ont la force que de pleurer. Tu voudrais attraper un couteau et t’ouvrir la pommette de bas en haut, et arracher un à un tous ces fils malades que tu imagines bleus, longs et couinant la mort odieuse. Qu’on ne me mette pas entre les mains la moindre des plus petites perceuses, car je jure devant Dieu que je me l’enfonce dans la gencive jusqu’à ce qu’il n’y est plus rien qu’un gros trou sain. Les dents et le dos. Les deux pires de tous les maux. Paralysie quelque part en Lombairdie. La douleur est si vive. Elle gagne. Banquise d’os qui craquelle et se sépare en deux pour ne jamais se revoir. Les muscles résistent et tirent et tirent et s’emmêlent dans tous les sens jusqu’à ce qu’ils deviennent le crin de l’archet que l’on t’enfonce violemment et à tout jamais dans les reins. Les côtes frottent les nerfs et la musique n’est pas des plus joyeuses lorsque tu hurles par-dessus. Et t’oblige à dormir. Moi je tombe dans les pommes.  Ca m’évite de voir la fin du spectacle, d’entendre cet hurlement qui vient du fin fond des coulisses alors qu’encore le glaive agît.<br />
Les douleurs passagères. Les courbatures. Celles que j’aime bien. Qui témoignent d’un effort. Qui rassurent. Les éternuements, le bâillement. Les trucs sympas.<br />
La fatigue. Les vertiges. La nausée. L’exéma. Les trucs pas graves.<br />
Les angines, les gastros, la mononucléose. Bronchite, trachéite, laryngite. Etapes de saison.<br />
Spasmophilie, la vie.<br />
Et les crampes. Dans les doigts. Quand on écrit. Trop.<br />
A moins que ce ne soit de l’arthrite. </p>
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		<title>Fucking Deadhorse into town - Le Temps des croisades</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jun 2008 23:49:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

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		<description><![CDATA[Comment vous êtes vous rencontrés?
C.J : Nous habitions le même immeuble. Cela dit, on a dû se croiser que deux ou trois fois.
M.V : Trois.
C.J : En trois ans… On n’osait pas se sourire. On tirait même plutôt la tronche. A la limite du mépris.
On ne se connaissait pas. Orgueil et préjugés.
M.V : Tu me [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comment vous êtes vous rencontrés?</p>
<p>C.J : Nous habitions le même immeuble. Cela dit, on a dû se croiser que deux ou trois fois.<br />
M.V : Trois.<br />
C.J : En trois ans… On n’osait pas se sourire. On tirait même plutôt la tronche. A la limite du mépris.<br />
On ne se connaissait pas. Orgueil et préjugés.<br />
M.V : Tu me méprisais un peu.<br />
C.J : Oui. Ca faisait partie du jeu. Un jeu en trois manches.<br />
M.V : Sacré match.<br />
C.J : La première fois, c’était au local des poubelles. J’ai vu cette fille qui jetait des dizaines de bouteilles de bière. Ca faisait du bruit. J’ai dû dire « salut ».<br />
M.V : Tu as dit « bonjour » en fait. J’ai fait comme si je n’avais pas entendu.<br />
C.J : Et j’ai cru que tu n’avais pas entendu.<br />
M.V : La deuxième fois,  on s’est retrouvé dans l’ascenseur. Tu m’as souri, je n’ai pas bronché. Tu en as pris un sacré coup.<br />
C.J : La troisième fois, je me souviens oui, c’était dans l’ascenseur aussi. J’étais avec un copain. Nous descendions. Quand on s’est arrêté à ton étage, tu as ouvert la porte comme persuadée que tu t’y retrouverais seule. Mais nous étions là.<br />
M.V : Vous m’avez ignorée tous les deux. Vous avez continué votre discussion. Vous parliez fort.<br />
C.J : Je plaçais des mots censés t’impressionner. J’avais quatre étages pour paraître intéressant. C’était mince.<br />
M.V : Sur le moment, je t’ai trouvé grotesque. Gamin.<br />
C.J : Quand on est sorti, mon pote m’a dit qu’il te trouvait jolie. J’ai dit « ouais vite fait ». Il m’a demandé si je te connaissais. Ca m’a énervé.<br />
M.V : J’ai toujours pensé que  je n’étais pas à ton goût.<br />
C.J : Un an plus tard, on ne s’était pas recroisé. Je devais déménager. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai été voir la concierge en te décrivant.<br />
M.V : Il m’a décrit comme « la fille toujours hyper mal habillée du quatrième, vous savez bien, celle qui fait toujours la gueule. »… elle m’a tout raconté.<br />
C.J : J’ai sonné à sa porte et je lui ai proposé de passer chez moi.<br />
M.V : Il organisait une sorte de dépendaison de crémaillère. J’étais mal à l’aise. Je ne connaissais personne.<br />
C.J : Tu étais surtout triste que je parte.<br />
M.V : J’étais surtout triste qu’il parte. Je lui ai dit : « Je suis triste que tu partes. »<br />
C.J : J’étais étonné. Je lui ai répondu que je n’allais pas lui manquer. Qu’on ne se voyait presque jamais de toute façon.<br />
M.V : Et alors je t’ai dit ?<br />
C.J : Elle m’a dit qu’elle était triste, parce que chaque matin et chaque soir, j’étais la seule personne dans cet immeuble…<br />
M.V :… la seule personne que j’espérais vraiment croiser.</p>
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		<title>Once Upon a Dream</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jun 2008 09:38:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

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		<description><![CDATA[Cette nuit j’ai rêvé qu’un festival de musique se déroulait derrière les haies de mon jardin.
Dans le garage, j’avais tout un tas de Gremlins, plus ou moins apprivoisés, à qui il avait fallu que j’explique de rester tranquille. Bien sûr, ils n’en firent rien. Et le carnage commença.
Il est 9h00. Je suis en caleçon. Torse [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cette nuit j’ai rêvé qu’un festival de musique se déroulait derrière les haies de mon jardin.<br />
Dans le garage, j’avais tout un tas de Gremlins, plus ou moins apprivoisés, à qui il avait fallu que j’explique de rester tranquille. Bien sûr, ils n’en firent rien. Et le carnage commença.<br />
Il est 9h00. Je suis en caleçon. Torse nu. Les yeux qui pleurent, la barbe qui gratte, le ventre qui chatouille. Je descends dans la cuisine et me prépare un café. Un chat vient me miauler entre les chevilles et me regarde comme si j’étais sa mère et qu’il voulait un tour de manège supplémentaire.<br />
Je m’installe dans le patio, mug bouillant dans la main gauche et m’assieds sur une marche encore humide de l’autrefois de la veille. Il y a déjà du soleil. La grand Catalpa prend son rôle très à cœur et ombrage une bonne partie du gazon bien coupé. Les insectes ont commencé le travail. Ils pointent en zozotant et s’activent. Les fleurs se réveillent et font leurs belles. Tout est calme. Tout est paisible. Je m’allume une cigarette et participe ainsi de l’estompe à la composition de cet endroit si peinard.<br />
Je me lève. Marche pieds nus dans la terre. M’allonge un peu plus loin dans l’herbe fraiche. Et me laisse aller. La matinée sera grasse.<br />
Quelqu’un avait sonné à la porte de mon appartement, d’une manière assez folle pour que je me sente d’arriver en courant. Lorsque je l’ouvris, je découvris la face ravagée de mon voisin de palier qui m’implorait de partir au plus vite. Ils étaient revenus. Ils attendaient en bas, au rez-de-chaussée et tuaient tous ceux qui tentaient de s’échapper. L’information et l’urgence de la situation arrivèrent assez vite jusqu’à mon cerveau. J’attrapai l’homme qui s’écroula aussitôt dans l’entrée pour instantanément me claquer entre les doigts de pieds. Dans son dos, immaculé de sang, une énorme patte brune, aiguisée et recouverte de pics, s’enfonçait bien plus loin que la moelle. Je courus jusque dans ma cuisine et glissa quelques gros couteaux dans mon froc. Je m’engouffrai dans la cage d’escalier et montai jusqu’au 10ème étage. Quand il y a le feu en montagne, on est tenté de monter pour lui échapper. On a tord. Plus haut l’on monte, plus terribles et plus épaisses seront les flammes. Il faut se diriger vers la vallée et prier pour trouver un sentier encore épargné. Et moi j’étais déjà tout en haut. La milice d’extermination était en bas, et comme le feu, elle progressait vers le sommet de la tour. Pris au piège comme un légume qu’on s’apprête à balancer dans l’eau bouillante, je restai figé, réalisant mon destin de proie. Une des portes battantes de la cage d’escalier s’ouvrit alors, et fit apparaître une horreur sur pattes, vilaine et velus, les yeux révulsés de haine et de pue, qui ne mis pas deux secondes pour tenter de m’embrocher vivant. Mais j’entendis une sorte de click, la dégaine de la chance, et fus englouti aussitôt dans un appartement, juste avant que le monstre ait atteint mon cœur saignant. La vieille petite voisine du 10ème. Celle qu’on croisait une fois par an, et qu’on supposait sans doute morte le reste du temps.  Elle m’avait sauvée. Elle agrippa l’élastique de mon calebar et me traina jusque dans sa cuisine. Là, sans dire mot, elle pointa le vide-ordures. Je compris qu’elle m’indiquait le sentier. J’ouvris le rabat de fer et allais pour lui proposer de passer la première, quand celle-ci se tenait déjà sur le rebord de la fenêtre. Elle sauta sans que je pus l’en empêcher. La porte blindée venait d’exploser. Je pouvais dès lors sentir cette haleine maléfique, mélange de cadavres éclatants et de néant absolu. Je m’engouffrai dans le vide-ordures. Intestin de poubelles. Tubes à déchets. Digéré par l’immeuble, et m’écrasai au troisième sous-sol, quelques secondes plus tard.<br />
Je me retrouvai dans une sorte de local, fermé à clef. Je cognai de rage contre un mur poussiéreux qui donna l’impression de s’effriter. Je me mis à gratter comme un sauvage et remarquai que sous mes ongles, la paroi tombait bel et bien en lambeaux. Je ne mis pas cinq minutes à en venir à bout. Le trou que j’avais creusé était assez large pour que je m’y faufile. Tête la première, comme à la naissance. Et quelle naissance ! Je me retrouvai dans un hangar insoupçonné. Immense et vide. Je marchai, trottai, grand galop, pour finalement courir pour de bon. Je pouvais sentir la chaleur du soleil cogner contre le bâtiment. A l’extrémité je trouvai une porte. Je l’ouvris immédiatement, sans prendre le temps de me méfier de quoique ce soit, et découvris, émerveillé, une prairie qui s’étendait à perte de vue. C’est dans l’essence même de la simplicité d’être particulièrement efficace : je me mis donc, encore une fois, à courir. Comme un forcené. Il faut sauver le soldat Ryan. Courir. Sans regarder derrière moi. Je courus ainsi plusieurs heures, je pense. J’avais la sensation de m’être échappé. Qu’ici, rien ne pourrait m’arriver. Je m’écroulai dans l’herbe. Y relâcha tout mon corps. Et m’endormis.<br />
Je fis alors ce rêve que je fais très souvent. Celui, où je descends les escaliers et vais boire un café dans le jardin de mes parents. La nature se réveille en même temps que moi. Et c’est un rêve idéal.<br />
Un rêve tranquille où finalement rien ne se passe.</p>
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		<title>Once Upon a break</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jun 2008 16:16:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

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		<description><![CDATA[Quand nous sommes arrivés dans l’appartement, elle a tout d’abord poussé un soupire de soulagement. Deux heures de voyage à supporter les blagues de Bruno, on ne pouvait pas lui reprocher  d’être rentrée en clôture informationnelle. Symboliquement, et comme pour que le spectacle commence enfin après cette première partie bien décevante, je me suis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Quand nous sommes arrivés dans l’appartement, elle a tout d’abord poussé un soupire de soulagement. Deux heures de voyage à supporter les blagues de Bruno, on ne pouvait pas lui reprocher  d’être rentrée en clôture informationnelle. Symboliquement, et comme pour que le spectacle commence enfin après cette première partie bien décevante, je me suis précipité à la fenêtre pour aérer. L’odeur de naphtaline avait pris possession de la totalité des pièces, et la vue de la mer nous déconcentrerait probablement assez pour l’oublier.<br />
On a posé nos sacs dans l’entrée et j’ai commencé la visite. Voilà le salon. La cuisine. Oui elle est grande, c’est cool. Ca c’est ta chambre. Bruno et moi on dormira dans celle-ci. La salle de bain. Les toilettes sont là. Tiens il faudra racheter du papier. On va à la plage ?<br />
On a enfilé nos maillots et l’on est partis se vautrer sur le sable presque chaud.<br />
On ne sait pas trop pourquoi on lui avait demandé de venir avec nous. Ce n’était ni une amie, ni une fille qu’on rêvait de se serrer depuis des années. Mais elle était agréable et dégageait assez de féminité pour qu’on se sente rassurés quand nos copines respectives, elles, étaient restées à Paris.<br />
« Non, chéri, je dois travailler tu sais bien. »<br />
« Ce sont les 60 ans de mon père, si tu crois que j’ai le choix… »<br />
« Audrey, on part en week-end avec Bruno, t’en es ? »<br />
Une question, une réponse, cela suffit généralement à ce que les choses se fassent.<br />
On avait deux jours. Deux jours pour reproduire les clichés de Jules et Jim, de Diabolo menthe, et des Bronzés. (On faisait l’impasse sur  Les Vacances de l’amour, parce que nous on avait décidé de bien se bourrer la gueule.)<br />
Lui courir après dans le sable, lui offrir des gaufres, la foutre à l’eau à minuit, la baiser vers 4H00 du mat et enchaîner une partie de Scrabble comme si l’on avait suffisamment profité de la vie et qu’il fallait revenir à la raison avant de revenir à la maison.<br />
« J’ai  BONDAIENT, du verbe bonder, ça marche ? »<br />
« ZOOMMER ça prend deux M ? »<br />
Le planning était en place et son libre arbitre n’avait pas à être pris en compte.<br />
A 19h et après avoir passé 3 heures à se faire chier en faisant semblant de dormir au soleil, Bruno a proposé de rentrer prendre l’apéro avant de sortir pour dîner.<br />
Personne ne lui avait encore fait bouffer du sable, mais elle aurait son compte à la tombée de la nuit. Le plan marchait toujours, il était juste un peu décalé, et il ne fallait pas paniquer.<br />
CA TOURNE. ACTION.<br />
« Mon grand-père nous a laissé une bouteille de champ, ça vous dit ? »<br />
PLOC.<br />
A la votre, à nous, à la Normandie. A cet endroit qui n’est ni tout à fait l’intérieur d’un chez soi, ni tout à fait l’extérieur de la nuit, et encore moins le café d’en bas où l’on me rince à là oeil. Je veux dire. Un week-end, les vacances, c’est une parenthèse. Une résidence d’artiste qu’on décide de faire pour fuir un malaise. Une pause pub. C’est la clope entre le plat et le fromage. Celle qu’on fume tous dehors pendant qu’ils sont tous dedans. Chez moi, je n’invite que les intimes. La nuit je ne vois que les fêtards, et je ne fais pas de mélange. En bas de mon immeuble, chez Lulu, je fais pété le kawa avec les mecs du quartier, ceux qui n’appartiennent à rien, ceux à qui je ne pense jamais, l’entre-deux d’un monde pas si rassurant où la tension se touille le temps que ça refroidisse.<br />
Mais en vacances, en week-end et surtout en Normandie, c’est autre chose : j’invite n’importe qui.<br />
Je joue au ping-pong, au mini golf, je me goinfre de crêpes, je vais goûter l’eau, elle est toujours trop froide, j’y pousse quelqu’un, elle pas si froide que ça, si ? On ne se connait pas si bien que ça finalement, alors autant faire connaissance ici. Les couleurs sont belles. On voit le Havre. On est tous pieds-nus. On ne se décontracte pas. On s’examine et l’on s’apprécie.<br />
On a vidé 4 bouteilles de vin à table. On est passé par tous les stades de la confession.<br />
Audrey nous a avoué avoir couché avec une fille. Bruno nous a raconté ses tentatives de meurtres à répétitions. J’ai évoqué la collaboration de mon grand-père pendant la seconde guerre mondiale. Puis d’en rajouter chacun notre tour sur nos déceptions au travail, sur nos échecs amoureux, et de reprendre en cœur que de toute façon, on détestait le travail et qu’on détestait être amoureux. On est tous tombé d’accord. Il fallait partir de ce resto pourrit qui trop nous incitait à devenir niais et malheureux.<br />
On est rentrés.<br />
Audrey s’est enfermée dans la salle de bain pendant 20 minutes.<br />
On l’a d’abord soupçonnée de se poudrer le nez sans vouloir partager avec les copains.<br />
On s’est finalement rabattu sur l’idée qu’elle devait probablement se regarder dans la glace en se persuadant qu’elle n’était pas si bourrée que ça. Ou bien vomir. On n’hésitait. Les filles. On ne sait jamais.<br />
Quand elle a réapparu dans le salon, Bruno et moi étions à l’aise.<br />
Calbut’ à l’air et sourire avenant. Viens par ici chérie, on va te faire oublier la coquine de tes 20 ans.<br />
Sa peau était lisse et son sexe rasé.<br />
Elle s’est laissé faire bien tranquillement. Sur le canapé des grands-parents.<br />
Mais voilà que Bruno a eu soif de boire sur Audrey. De boire dans son Graal tondu. Quelle idée… Il a chopé une bouteille de vodka. Dégoulotte et dégouline, qu’il a renversé sur la fifille. Et glou, et glou, et glou. La bouteille y est passée. Et c’est alors qu’elle s’est mise à hurler. A la mort. Un truc est en train de crever. Elle s’agitait comme si l’on venait de lui renverser de l’acide sur tout le corps. Elle frétillait comme un poisson encore vivant qu’on file au barbecue, comme un dé qui finit de rebondir, une épileptique. Sa peau toute entière devenait comme du sang et l’on avait peur qu’elle nous éclate à la gueule. Ses cris étaient stridents et n’en finissaient pas. On a eu peur. Bruno lui a chopé la bouche et a maintenu sa main dessus fermement. Elle essayait de se débattre, de s’échapper. Je me suis assis sur elle et lui ai tenu les bras contre le sofa. On lui disait de la fermer.<br />
Au bout d’une demi-heure elle s’est calmée. On était tous silencieux. On attendait de savoir. Elle s’est levée et a disparu dans la chambre qu’on lui avait attitrée.<br />
Le lendemain, nous sommes rentrés. Elle s’est installée à l’arrière. Bruno n’a pas fait de blagues. J’ai conduit. Je les ai déposés. Elle d’abord.  Je suis rentré. J’ai réfléchis. Bruno m’a appelé. On en a parlé sans savoir quoi en penser. On a réfléchi. On a raccroché. Notre aparté était fini.<br />
Plusieurs semaines après, j’ai reçu un coup de fil de mon grand-père. Il venait d’arriver à Houlgate avec ma grand-mère et me remerciait de ne pas lui avoir fini son whisky et d’avoir fait les lits avant de partir. Il rajouta quelque chose. Il dit que bien que je sois son petit fils, il n’appréciait cependant guère que j’utilise son rasoir fétiche et que je le laisse traîner dans la baignoire comme un malpropre. Je niai l’accusation.<br />
Il reprit en disant qu’en plus je ne l’avais pas nettoyé, et que c’était irrespectueux.<br />
Je m’excusai. Intégralement.</p>
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		<title>Avec ou sans?</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jun 2008 07:27:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis le saint blasé de Cioran.
Celui à qui l’on peut tout dire et tout confesser.
Profitez-en. Ils sont rares les gens comme moi qui sont la chair de Pandore.
Nous ne sommes pas en mission pour Dieu. Nous n’avons pas été programmés.
Nous ne sommes ni disciples, ni robots.
Nous sommes des boites. Robustes. Et nous traversons le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je suis le saint blasé de Cioran.<br />
Celui à qui l’on peut tout dire et tout confesser.<br />
Profitez-en. Ils sont rares les gens comme moi qui sont la chair de Pandore.<br />
Nous ne sommes pas en mission pour Dieu. Nous n’avons pas été programmés.<br />
Nous ne sommes ni disciples, ni robots.<br />
Nous sommes des boites. Robustes. Et nous traversons le temps en s’abreuvant des soucis du monde.<br />
« Dis-moi la vérité telle que tu la ressens. »</p>
<p>Car on connait les hommes et l’on n’en a pas peur.<br />
Seulement parfois un peu honte.<br />
Les effets que l’on boit, et l’aigreur que l’on mélange à de l’alcool.<br />
Ça passe toujours mieux.<br />
Derrière un poivrot il y a souvent cette boite qui s’offre gentille.<br />
Aucune crainte des petites secousses.<br />
Continue donc de me saouler.<br />
Il reste de la place. Dans mon cœur et dans mon foie.<br />
Gros coffre à musique dont l’on apprend les airs à s’en tuer la tête.<br />
« Il faudrait savoir ce que tu veux »</p>
<p>Un café au lait ou un jus d’orange.<br />
Une cigarette ou une seringue.<br />
Un mail ou un texto.<br />
Une cigarette ou un pain au chocolat.<br />
Un mail ou un coup de téléphone.<br />
Une douche ou être sale.<br />
Un souvenir ou quelqu’un dans ton lit.<br />
Un travail ou un passe-temps.<br />
Une cigarette ou un sandwich.<br />
Un travail ou un livre.<br />
Une critique ou un parc.<br />
De l’argent ou un découvert.<br />
Aimer ou être aimé.<br />
Une cigarette ou un joint.<br />
Une bible ou un dictionnaire des synonymes.<br />
Des draps propres ou un plan d’eau.<br />
Janis Joplin ou Tina Turner.<br />
Des mocassins ou la plage.<br />
Un croquis ou un Pola.<br />
Un jeune ou un vieux.<br />
Un gentil ou un autre gentil.<br />
Le soleil à Paris ou le soleil à Barcelone.<br />
Un taxi ou une paire de Bensimon.<br />
Un pigeon ou un moustique.<br />
Un resto ou Sushi Bâ.<br />
Des amis ou un chien.<br />
Un ciné ou YouTube.<br />
Un autre essai ou la défaite.<br />
Le calme ou la fête.<br />
Un radiateur ou le gazon.<br />
La peinture ou la contemplation.</p>
<p>Il faudrait savoir où tu as mis tes clefs.<br />
Et te demander pourquoi ton lit est toujours cassé.<br />
Savoir ce que tu préfères.<br />
Il faudrait aussi que tu partes maintenant.</p>
<p>Un jeune homme emménageait dans un petit studio.<br />
Il n’arrivait pas à se décider quant au choix de la couleur des murs qui désormais lui appartenaient.<br />
Alors il fit des essais.<br />
Dans la pièce vide, il passa une couche de rouge.<br />
Et ne fut pas satisfait.<br />
Dans la pièce vide, il passa une couche de bleu.<br />
Mais rien n’y faisait.<br />
Dans la pièce toujours vide, un peu rouge, un peu bleue, il passa alors une couche de jaune.<br />
Le jaune, c’est la couleur des mamans. Il n’aima pas ça.<br />
Il passait ses journées à recouvrir ses murs, sans jamais pouvoir se décider.<br />
Parfois, il lui arrivait de faire des pauses, de regarder dans le jardin commun de son immeuble, et d’y voir des enfants, à qui on n’avait sans doute jamais demandé de repeindre des murs.<br />
Alors il fumait, en se disant que de toute façon, il n’avait jamais aimé être un enfant.<br />
Et il se remettait au travail. C’était devenu un travail. Mais il n’y pensait pas trop.<br />
Dans la pièce toujours vide. Une couche de violet vif. Une couche de violet sombre.<br />
Marron. Bof. Noir. Oula. Rose. Haha. Vert. Mouais. Pourpre. Houuu… Argent. Ho ho…<br />
Cette histoire de couleur le minait profondément. Art-thérapie : dans la palette des valeurs ternes, il ne trouva pourtant toujours pas son compte.<br />
Il continua. Inlassablement. Il trouverait forcément. Il avait le choix. Et n’avait pas tout essayé.<br />
Il peignit. Tous les jours. Durant des semaines. Des mois. Des années.<br />
La pièce toujours vide. Murs psychés.<br />
Il aurait pu s’en contenter. Mais privé d’harmonie il prit la décision de poursuivre son travail de décoration. De Mai jusqu’à Mai. Ça commençait à faire long.<br />
« Mouais ça occupe quoi. »<br />
Un jour, il dut se rendre à l’évidence que quelque chose avait changé :<br />
 À force de superposer les couches, durant plusieurs années,  les murs s’étaient épaissis et la pièce avait été réduite de moitié.<br />
Mais la pièce n’aurait pas le dernier mot.<br />
Il se remit à la tâche dont il avait fait un principe de vie.<br />
Courage mec.</p>
<p>A 76 ans. Il était toujours là. Et n’avait toujours pas pris de décision.<br />
L’espace était devenu minuscule. Il pouvait à peine s’y retourner.<br />
Il décida qu’il était temps de s’arrêter.<br />
Il se dit : « Bon, au moins j’aurais essayé. »<br />
Il était cependant triste. Non de n’avoir jamais réussi à se décider. Car après tout, tant que l’on est pas sûr&#8230;<br />
« Mais alors ? Que regrettez-vous ? Je demandais.<br />
_ Et bien, jeune fille, sans doute le fait qu’après toutes ces années, la pièce soit toujours vide. »</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>EX AEQUO</title>
		<link>http://www.vodkacoca.com/once-upon-a-fuck/2008/06/ex-aequo/</link>
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		<pubDate>Sun, 01 Jun 2008 08:17:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.vodkacoca.com/?p=1517</guid>
		<description><![CDATA[Comme on se sent faible quand elles reviennent les hanter.
On perd les points de l’exclusivité quand c’est le passé qui tourne la roue.
Souvenirs et frustrations qui ne nous appartiennent pas.
On leur préfèrera la bise à la colère, car la colère cache des désirs.
Et l’on souhaiterait qu’ils ne désirent plus rien d’autre que nous.
Tant qu’on le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Comme on se sent faible quand elles reviennent les hanter.<br />
On perd les points de l’exclusivité quand c’est le passé qui tourne la roue.<br />
Souvenirs et frustrations qui ne nous appartiennent pas.</p>
<p>On leur préfèrera la bise à la colère, car la colère cache des désirs.<br />
Et l’on souhaiterait qu’ils ne désirent plus rien d’autre que nous.<br />
Tant qu’on le voudra bien. Tout au moins.</p>
<p>Il y a des adversaires avec qui l’on aime se battre.<br />
Il y a des équipes qu’on défie tout en sachant qu’on s’y perdra,<br />
Mais le jeu n’en a jamais tant valu la chandelle,<br />
Tant qu’on aime à pratiquer ce sport, risques qui réveillent et toxines qui puent la joie.</p>
<p>Ce jeu, je ne l’aime pas.<br />
Je préfère jouer aux échecs. Et faire chialer les pions, qui ne sont que des pions.</p>
<p>La tourmente des parties inachevées ne me sont d’aucun réconfort.<br />
Que l’on avorte mes points.<br />
Et je déclare forfait.</p>
<p>Elles m’effraient toutes.<br />
Ils ne me rassurent pas.</p>
<p>Appelle la donc.<br />
Je ne me battrai pas.</p>
<p>Regrette un peu.<br />
Je ne suis déjà plus là.</p>
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		<title>Les Andouillettes Théoriques</title>
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		<pubDate>Fri, 16 May 2008 22:42:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

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		<description><![CDATA[Les Andouillettes théoriques.
Les touristes qui choisissent des endroits débiles pour dîner quand ils visitent Paris.
Quelle idée de s’arrêter becter une andouillette grillée Place de la Trinité un samedi soir ?
Ils se tiennent par la main. C’est déjà ça.
Je suis mauvaise langue.
Ils sortent du théâtre.
Et moi j’attends. Je passe encore pour l’alcoolo de service avec mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les Andouillettes théoriques.</p>
<p>Les touristes qui choisissent des endroits débiles pour dîner quand ils visitent Paris.<br />
Quelle idée de s’arrêter becter une andouillette grillée Place de la Trinité un samedi soir ?<br />
Ils se tiennent par la main. C’est déjà ça.<br />
Je suis mauvaise langue.<br />
Ils sortent du théâtre.<br />
Et moi j’attends. Je passe encore pour l’alcoolo de service avec mon verre de blanc et mes clopes qui puent.<br />
Les groupes s’installent autour de moi. Le menu est dans mon dos. Tout le monde m’ausculte.<br />
Je me félicite d’avoir mis un décolleter. Ca serait mieux si je ne transpirais pas des aisselles. Mais on ne va pas trop en demander ce soir…<br />
Le voilà qui arrive.<br />
Ce qu’il aime chez les femmes, c’est la beauté.<br />
Il a choisit son camp et plus personne ne viendra lui baiser la gueule. Dit-il.<br />
Ce que j’aime chez les hommes, c’est ma beauté.<br />
Et quand bien même celle-ci ne se révèle jamais,<br />
je continue d’aimer, et astique religieusement, ce qui chez moi doit briller.<br />
« Tu vois d’autres hommes ? »<br />
Parfois la faiblesse c’est d’être sincère.<br />
L’amour c’est avant tout le droit d’avoir le droit, le droit d’être, et le droit d’être droit.<br />
Celui de mentir aussi.<br />
« Non. »<br />
Sento la teoria<br />
Penso la pratica<br />
Les natures doivent se protéger. « On ne remplace pas une forêt par une autre forêt. »<br />
Cela dit, rien n’interdit de se balader.<br />
Il dit que.<br />
Je suis la femme de ses pensées.<br />
Bullshit.<br />
Quand dans ses yeux je me délaye, les doses d’amour travaillent et reviennent épuisées.<br />
Tout ce qui convient de penser, je l’applique, assez pour me faire frissonner.<br />
Tout ce qui convient de faire, je ne le fais pas.<br />
Flash understanding.  Et il paraît que c’est beau.<br />
On boit des verres. Les silences sont doux, nos arguments ne se chamaillent pas.<br />
« J’ai deux enfants. Je me demande si j’en aurai d’autres. » Il lance ça.<br />
 Les enfants c’est comme les tatouages. Quand tu en as fait un, il n’est pas rare que tu veuilles en faire des milliers. Je me méfie des projets sur le long terme. 9 mois. Pour finalement ne pas savoir si c’est un chat qui pleure ou un môme qui braille. Ca fait beaucoup.<br />
On s’aime trop déjà. On ne se connaît que depuis deux jours. On boit des coups.<br />
On talonne les rues arythmiques et l’on sait que l’on ne rentrera pas ensemble.<br />
Des trames qui se séduisent.<br />
Mais.<br />
Sachez-le :<br />
Quand je vous embrasse, un sentiment de manque arrive et s’installe à la plage, et j’ai toujours la sensation que c’est peut-être la dernière fois qu’on voit la mer. C’est sans doute pour ça que je mets longtemps à partir. Et que vous croyez tous que je vous aime.<br />
On se concorde en attendant la marrée haute. On aurait presque envie de s’y noyer.<br />
Mais l’on rentre chez soi.<br />
Rentre bien.</p>
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		<title>TEXTO</title>
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		<pubDate>Fri, 16 May 2008 19:11:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Madeleine Ventreblanche</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Once upon a fuck]]></category>

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		<description><![CDATA[Si je ne supporte pas les compliments, je supporte encore moins les déclarations.
Comme certaines femme qui assimilent mal le fer, je ne digère pas les témoignages d’affection, et encore moins les louanges. Et je ne suis pas mauvaise. Je le dis. Je vous préviens tous.
Les raisons sont certainement nombreuses, mais je m’en moque et ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si je ne supporte pas les compliments, je supporte encore moins les déclarations.<br />
Comme certaines femme qui assimilent mal le fer, je ne digère pas les témoignages d’affection, et encore moins les louanges. Et je ne suis pas mauvaise. Je le dis. Je vous préviens tous.<br />
Les raisons sont certainement nombreuses, mais je m’en moque et ne tiens pas à les identifier, donc n’essaye pas de me psychanalyser en me disant que je suis sadique quand je rejette tes mots doux.<br />
Ca fait longtemps que je ne pose plus ce genre de questions.<br />
Je n’aime pas les poivrons, ni le gingembre, et le gage pathos comme les huîtres, je le vomis.<br />
Si tu veux que je t’aime, sois comme mon chat : un chat.<br />
Sois simple. Aussi simple que moi. Et oublie la littérature.</p>
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