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	<title>VODKACOCA &#124; Sélections particulières et parisiennes &#124; Agenda pour la nuit, vernissage, fête, concert et club à Paris &#187; Tristan Ranx</title>
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	<description>Sélections particulières et parisiennes</description>
	<pubDate>Wed, 23 Jul 2008 17:46:34 +0000</pubDate>
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		<title>Avec Bjorn Borg sur le court central !</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jun 2008 13:58:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tristan Ranx</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous passons devant Borotra, dit le Basque bondissant, figé dans un éternel présent depuis Vichy et la collaboration. Roland Garros a des réminiscences étranges d’un temps révolu. On pense à cette fameuse “ceinture verte”, de parcs et de stades, imaginée par les urbanistes du régime de Vichy pour isoler Paris de la banlieue rouge ( le périphérique n’existait pas encore!). Les Allemands, dans le même temps, avaient imaginé le “Gross Paris”, le Grand Paris qui englobait la banlieue. Les deux programmes continuent à se tirer la bourre, mais nous, on s’en fout royalement. On est là pour fêter les soixante-quinze ans de la marque au crocodile. On est là pour ce polo qui dans le monde entier est synonyme de qualité française. Rien n’est plus chic pour un bandit des favelas de Rio de dépouiller les porteurs de cette glorieuse marque. En Mauritanie c’est comme ça que l’on traque l’otage à forte valeur ajoutée. La chemise Lacoste est un signe de qualité. A Bagdad, c’est même un label recherché au marché aux otages. Nous grimpons les marches du court central, et soudain, tels des hommes sur les hautes falaises du monde nous restons à l’arrêt, comme des chiens de guerre. Devant nos yeux brillants se découvre un court central transformé en piscine d’abondance. Je voudrais réciter une ballade de François Villon, mais mon corps est plus rapide que mon esprit. Me voilà crawlant dans la foule entre les happy few et les flûtes de champagne. Sur de grandes estrades des bourgeoises bordelaises se déhanchent comme pour un rallye. Je lève les yeux au ciel et j’aperçois… le ciel… Le même quadrilatère azuré qui vit la victoire de Borg, et Mac Enroe. Seul Gilles Deleuze savait parler du tennis dans son abécédaire : Borg, qui applique le principe démocratique au tennis, ce style a deux mains, ce frappeur besogneux que n’importe quel prolo était capable de comprendre, et puis son contraire, Mac Enroe, l’aristocrate, le style improbable aux éclairs de génie, que nul ne peut reproduire. Je zigzague dans ce théâtre du crime de lèse-majesté ou le tout-venant, du gros lard au mannequin, peut impunément fouler au pied les légendes du tennis. Alors, en pleine crise d’héroïsme, en extase devant l’Olympe, je tombe à genoux et je lève les bras au ciel en hurlant le cri de la victoire…!</p>
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		<title>Séquence martiale à L&#8217;Expérimental Cocktail Club</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jun 2008 19:37:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tristan Ranx</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour l&#8217;occasion, l&#8217;Experimental Cocktail Club, s&#8217;est transformé en Muthaiga Club, le célèbre club aristo libertin du Kenya anglais dans les années 1930. David Piper, le créateur des soirées Rakehell&#8217;s Revels, est venu de Londres avec son légendaire Piper-suit et ses moustaches à la Howard Hughes. Il est autant observé qu&#8217;il observe. Ces belles dames et ces beaux messieurs conviés au bal, paraissent sur le fil du rasoir. Tout peut basculer d&#8217;un moment à l&#8217;autre, et il faut absolument qu&#8217;il se passe quelque chose ou la soirée sera un échec… La foule délicieusement grimée joue des coudes avec ses Manhattan. On aperçoit le fameux Lord Errol et Lady Idina venus spécialement de la Happy Valley pour goûter aux plaisirs de la nuit. “D” ou Lord Delamere est là, avec une tour Eiffel en boutonnière. On raconte que jadis il avait accroché un barman récalcitrant à un croc de boucher et l&#8217;avait laissé toute la nuit au milieu des moutons morts ! Ah ! ces hommes de l&#8217;Empire. C&#8217;est en tout cas ce que raconte le livre “White Mischief.” C&#8217;est Lady Idina qui ouvre le bal. Les Vénus de cocktails n&#8217;ont plus d&#8217;atomes crochus, et elles relancent la polémique. De Polémos, la Guerre en grec. Femmes sur le sentier de la guerre. Furies et walkyries. Lady Idina est la plus belle. Serrant une flûte de Mumm comme une dague sacrificielle, elle s&#8217;apprête à mettre à mort sa victime. La raison est sans importance, le geste est beau. C&#8217;est Athéna en personne, dans son avatar de déesse de la guerre. L&#8217;Athéna martiale portant au flanc le glaive de bronze. On retient le bras vengeur et les corps s&#8217;interposent comme dans le choc de deux phalanges antagonistes. Puis tout retombe, D et Lord Errol dansent le Fox-trot, et la soirée finit dans un grand éclat de rire :&#8221;Are you married or do you live in Kenya ?&#8221;</p>
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		<title>Bruno Manser est mort au Baron</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Jun 2008 13:07:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tristan Ranx</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Les éditions Scali et Technikart organisent un cocktail au Baron pour la sortie de leur “hors-série” sur mai 1968. Les portes de l&#8217;ancien bar à hôtesses sont grandes ouvertes. Une faune éclectique et assoiffée de bourbon se tasse près du bar. Dans le fond Patrick Eudeline entame un solo de guitare puis c&#8217;est au tour de Marie France, de balancer “son ménage à trois”. Boris Bergman lit un texte. Jusque-là, tout va bien. Le liquide sirupeux réchauffe les entrailles, et on se laisse bercer par les braillements sans chercher plus loin. J&#8217;aperçois Thierry Théolier avec sa casquette. Une silhouette attire mon regard, il s&#8217;agit du dandy imprévisible Samuel Segas, qui se déhanche en caressant une joue. Soudain, le porte-voix annonce l&#8217;arrivée d&#8217;un vieux de la vieille, le journaliste grand reporter Jean Bertolino. Il faut dire que la plupart de ceux qu&#8217;il a interviewé sont morts : guérilleros, dictateurs, terroristes, narcotrafiquants… Tous, ad patres, sauf lui. Il est La mémoire vivante du royaume de Truanderie, le témoin de cette formidable engeance de mauvais garçons, d&#8217;argousins, et de tortionnaires… Il faut pourtant bien penser à la retraite, et le vieux baroudeur ressort un ancien bouquin sur 68 : &#8220;Les trublions&#8221;. Et voilà notre matamore de la caméra embarquée, se lancer dans une diatribe  sur la révolte des petits bourges de 68. C&#8217;est beau de revoir papa et maman courir un pavé dans la main en se prenant pour Bakounine ou Che Guevara&#8230; On laisse passer le flan révolutionnaire par politesse, un peu énervé par la fin annoncée de l&#8217;Open Bar. On a soif comme Knut Hamsum avait faim. Et comme le disait le futuriste Carli, “les révolutions ne se font pas le ventre plein !” , par contre, avec un coup dans le nez, on prend le palais d&#8217;Hiver ou le Rocher de Monaco. Bertolino, brandit, et c&#8217;est chose peu commune au Baron, une petite bouteille d&#8217;eau minérale. Cette icône moche du bien être m&#8217;agace comme un métronome. Balance ta flotte BertolIno ! Rien n&#8217;y fait, l&#8217;homme n&#8217;est point télépathe et refuse de lâcher l&#8217;eau plate. Il s&#8217;emporte soudain sur des sentiers balisés à la manière d&#8217;un taureau qui biaise. “ La Révolte ! La Révolte du XXIe siècle, sera la révolte écologiste ! “ Sur le coup, je manque m&#8217;étouffer, et il n&#8217;est pas question que j&#8217;applaudisse de telles âneries, pas plus que je n&#8217;aille manger des quenelles à Grenelle. Il n&#8217;y a rien qui m&#8217;énerve plus que cette nouvelle écologie des ronds de cuirs, ces diktats mondialistes qui réinventent les Dix commandements à base de fumier. Ah ! Elle est belle la révolte, et elle voudrait vous faire bouffer cinq fruits et légumes par jours : cinq cerises ? Ou cinq citrouilles ? Pour le coup, j&#8217;ai une envie de rognons ! Le grand reporter vient s&#8217;assoir à côté de moi sans lâcher ses sels minéraux. Je me penche vers lui en tendant la main<br />
-Bonjour Monsieur Bertolino”, il me regarde effaré serrant sa petite bouteille comme on étrangle le borgne. Je range ma main inutile.<br />
-Je vous ai rencontré en Alsace il y a quelques années, j&#8217;étais avec Christophe de Ponfilly… c&#8217;était quelques années avant son suicide !<br />
Son visage s&#8217;illumine<br />
-Oui, j&#8217;y allais souvent !<br />
Et je continue sur ma lancée :<br />
-Je me souviens qu&#8217;à l&#8217;époque vous aviez parlé de ce Suisse devenu le défenseur des tribus penans de Bornéo…”<br />
-Bien sûr, c&#8217;est Bruno Manser !<br />
-Cela fait des années qu&#8217;il a disparu, dis-je<br />
Bertolino hoche la tête.<br />
-Il a été tué&#8230;Dit-il.</p>
<p>Je laisse Jean Bertolino à son présent minéralisé. Le nom de Bruno Manser aura été prononcé au Baron  ce soir. La chose est certainement unique et historique. Une remise à niveau entre 1968 et 2008. La température monte. Le fantôme de Bruno Manser passe devant le bar. Il est torse nu, les cheveux coupés au bol à la manière Pénane et il porte ses petites lunettes rondes d&#8217;universitaire. Je le vois faire l&#8217;accolade à Thierry Théolier et Samuel Segas. Il leur raconte certainement son combat contre les compagnies forestières japonaises et des potentats locaux, sa lutte acharnée pour sauver la forêt et les derniers hommes libres de Bornéo.</p>
<p>Bruno Manser me fait penser à Learoyd, le Roi irlandais de Bornéo, le personnage de “l&#8217;Adieu au roi” de Pierre Schoendoerffer. Je regarde Jean Bertolino,  et lui aussi me fait penser à un personnage :Fergusson, l&#8217;étrange officier supérieur de Learoyd.</p>
<p>“ Fergusson restait imperturbable. Il était un mur, une digue qui résistait à tous les assauts. Pourtant derrière ce masque de certitude, un doute poursuivait lentement son chemin aveugle, jusqu&#8217;au jour d&#8217;octobre 1946 où comme la solution d&#8217;un problème difficile apparait soudain évidente et lumineuse, Fergusson sauta à l&#8217;eau.”</p>
<p>La révolte écologique prend la teinte de la tragédie et la petite bouteille d&#8217;eau vire au rouge. Le gouvernement malaisien avait envoyé 200 commandos pour traquer et tuer Bruno Manser, le Roi de Bornéo. Aujourd&#8217;hui, accompagné des riffs d&#8217;Eudeline, entre les suaves velours du Baron, nous pouvons imaginer un nouvel adieu au Roi.</p>
<p>Blessé, Bruno Manser agonise entre le bar et la porte du Baron. Les soldats d&#8217;élite ont sortis les kriss pour en finir une fois pour toutes avec le rebelle étranger. Bruno Manser sait qu&#8217;il va mourir. “ la vie est courte comme un pet !” avait-il l&#8217;habitude de dire. Manser fait face à ses tortionnaires, il sait ce qu&#8217;il lui reste à faire en tenant fermement son poignard devant lui.</p>
<p>“ La nuit, disait-il, c&#8217;est toujours pire que dans la journée. Tout est noir autour de toi et tu te traines dans la douleur. Ce que j&#8217;ai vécu pendant les quatre semaines après la morsure du serpent, si c&#8217;était la fin de ma vie, je me serais directement coupé la gorge ou j&#8217;aurais demandé à quelqu&#8217;un de le faire. Je ne voudrais pas souffrir comme ça une deuxième fois.”</p>
<p>1<a href="http://www.vodkacoca.com/wp-content/uploads/2008/06/manser.jpg"><img src="http://www.vodkacoca.com/wp-content/uploads/2008/06/manser-181x300.jpg" alt="Bruno Manser" width="181" height="300" class="alignright size-medium wp-image-533" /></a></p>
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		<title>Sur les toits de Paris</title>
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		<pubDate>Mon, 26 May 2008 09:06:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tristan Ranx</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Les bandits américains du XIXe siècle avaient un nom pour désigner certaines zones de non-droit ; c’étaient les « Hole in the world ». Il s’agissait de vallées inaccessibles ou la loi et l’ordre ne pouvaient pénétrer. En Corse, on appelle ça le maquis, à Paris, ce sont les toits…Imaginez-vous, une flûte de champagne à la main, équipé pour une expédition nocturne depuis le camp de base : la cuisine. Il faut d’abord que la cordée gravisse les derniers étages dans un silence digne d’une colonne d’indiens séminoles. Il faut ensuite dégager discrètement l’échelle, soulever la lucarne et surgir dans l’univers à la manière d’un tankiste épris de liberté. Voici alors la grande mer de Zinc. L’océan Nyctalope des monte-en-l’air, des chats noirs et des conjurés de la Grande Charbonnerie. Titubant, saoul,   inévitablement et dangereusement élégant sur le fil du rasoir, on observe la grande voûte étoilée. On pense alors aux paroles de Malraux mises en avant dans « l’Adieu au roi » de Pierre Schoendorffer : « La patrie d’un homme qui peut choisir, c’est où viennent les plus vastes nuages ’  »(Les Noyers de l’Altenburg).  Terre des horizons lointains, contrées de peuples nus et des montagnes magiques, une constellation inédite se dessine au-dessus des toits de Paris. C’est la voie lactée de Tannhäuser et les étoiles Escondida, Pitcairn, Tortuga, Avalon et Bora Bora. Sur les hautes falaises de marbre, nous pouvons jouer au grand Condor en équilibre sur une gouttière. On parle en vers de Mirlitons comme le bandit poète Black Bart. Deux funambules avancent à cloches pieds sur une arête de zinc, escaladant les échelles, explorant les passerelles et se perdant parmi les cheminées. Je m’allonge sur le toit qui conserve la chaleur diurne, chaud et accueillant comme les zincs des rades parisiens. J’ai le gosier en pente et le champagne coule lentement à la manière de ces ruisseaux descendant des fjords  chiliens au sud de Puerto Montt. La fenêtre ouverte d’une mansarde  laisse s’échapper un air du Far West, celui de Johnny Guitare, « it’s a hole in the world ».</p>
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		<title>La fin des jours heureux</title>
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		<pubDate>Mon, 19 May 2008 18:09:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tristan Ranx</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Je viens de lire dans le « Parisien » ( lundi 19 mai 2008) que les Happpy Hours, et les bouteilles d’alcool dans les boîtes de nuit, ainsi que les OB, seront prochainement interdits par le Gouvernement. Le talibanisme de l’esprit est vraisemblablement une idéologie partagée par beaucoup de monde, depuis les cabinets ministériels jusqu’aux égorgeurs de Bagdad. Belle clique qui mérite des claques ! Depuis quelque temps les guérilleros des troquets, depuis les rades de la rue Marcadet jusqu’au pont-des-arts et autres bouges secrets, se sont fédérés en Comité de Salut Public et de Défense, pour honorer la mémoire de Jean Moulin et organiser la résistance culturelle. Levons nos verres et trinquons à la chute de l’Inquisition et de la Prohibition ! Dernièrement, au cours d’une rencontre organisée dans un pub anglais, armé de livres rares et d’un jeu de cartes géographiques, je tentais de convaincre un ancien de l’Opération Licorne, de m’accompagner dans une expédition africaine afin d’élever le drapeau de la résistance au sommet d’une montagne perdue, le mont K.<br />
-Tu es fou ! Me dit-il. C’est une des bases de la LRA !<br />
-La quoi ?<br />
-La Lord Resistance Army. Un groupe de rebelles ougandais, des fondamentalistes chrétiens dont l’objectif est de créer un état théocratique basé sur les Dix Commandements.<br />
-Non ?  C’est un peu comme les types qui veulent interdire les Happy Hours !<br />
-La même bande mon gars. Des vrais fils de pute qui enlèvent les enfants dans les villages pour en faire des soldats. Ceux qui tentent de s’échapper, on leur coupe les oreilles, le nez, les lèvres et les doigts…<br />
-Ce n’est pas dans l&#8217;Evangile !<br />
Et voilà soudain le vétéran du Rwanda qui se met à rire.<br />
-T’as toujours pas compris que les mecs qui te veulent du bien sont capable de justifier leur action de fils-de-putes, à partir de n’importe quel bouquin : le Code Civil ou l’Evangile.<br />
-Quand même ! Kidnapper des enfants et leurs couper…<br />
-Dans l’Evangile, il est dit que les pêcheurs n’attraperont plus des poissons mais des enfants…Ça leur suffit comme métaphore pour enlever 30 000 enfants. Et pour les tortures, c’est très facile, ils se revendiquent de Saint Marc (XIII) «  Nulle chair ne sera épargnée ».<br />
-Incroyable ! Pire que l’Arche de Zoé…<br />
-Tu m’étonnes, leur chef Joseph Kony est aussi appelé « Totong », « le Boucher ». Soit dit en passant, c’était aussi le surnom d’un autre fils-de-pute , le Général Mangin  lors de la première guerre mondiale… La seule différence c’est que Kony est recherché par le tribunal de la Haye de mes deux pour crimes de guerre : enlèvements, viols, torture, pédophilie, massacres. Quand je dis &#8220;de mes deux&#8221; pour le TPI, c’est qu’ils le recherchent le cul dans leur slip…<br />
Perdu dans mes pensées, j’avale cul sec un Black Russian avec la détermination d’un partisan puis je sors fumer une cigarette avec mon vétéran.<br />
- Ton drapeau, je vais aller le planter sur cette saloperie de montagne! dit-il enfin. Il n’est pas question que Joseph Kony, ce fils-de-pute, et tous ses copains des cabinets ministériels, viennent me faire chier dans mon pub. Le premier commissaire du peuple de la prohibition qui se pointe dans le coin, je l’attends, avec ma pinte et ma kalash…</p>
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		<title>Le problème de mai</title>
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		<pubDate>Thu, 08 May 2008 14:56:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tristan Ranx</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Le problème de mai, c&#8217;est toujours une question de terrasses ! Comme les plus belles terrasses de France sont en province, il faut vraiment chercher l&#8217;Eldorado parisien entre les embouteillages, le tramway, les couloirs de bus, les bornes à vélib et autres poubelles. Ceci dit, je suis, en ce moment même en terrasse dans le XXe arrondissement, entre le Franprix et le métro, et j&#8217;en suis fort aise. Ce qu&#8217;il y a de bien en mai, ce sont les vernissages ! J&#8217;ai même assisté à une bagarre à coups de martini entre deux écoles artistiques ! Entre la déprime hivernale et le cocktail aux hormones printanières, ce n&#8217;est pas étonnant… Le mois de mai, c&#8217;est aussi le grand retour du barbecue, celui du Cercle Pan, à deux encablures de République, est tout droit sorti des &#8220;Enfants du Paradis&#8221;. On y parle de Jacques Rigaut, mais aussi de la &#8220;Happy valley&#8221; du Kenya pendant que notre hôtesse dessine à la lumière des bougies. Ce qui est moins bien en mai, c&#8217;est 1968… En ce moment, avec 40 ans au compteur, c&#8217;est comme manger un poulet au vinaigre, froid et périmé. Parmi toutes les bouses éditoriales sur 1968, qui vont servir à payer les retraites des chefs baby boomers, seule la réédition en poche de &#8220;Flash ou le grand voyage&#8221; de Charles Duchaussois, trouve grâce à mes yeux. Il est hilarant de suivre l&#8217;itinéraire d&#8217;un junkie hippie vers Katmandou… On rigole, mais on enculait bien les mouches à l&#8217;époque, alors que le top du top d&#8217;aujourd&#8217;hui, c&#8217;est quand même d&#8217;aller boire un Shrek au Kitch ! En mai, et ça, c&#8217;est nouveau, la France stress selon le clip de Justice. C&#8217;est bien vrai, trouver une bonne terrasse, quelle poisse !</p>
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		<title>Le Rock’n’roll ne ment pas, il roule&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 29 Apr 2008 10:16:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tristan Ranx</dc:creator>
		
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			<content:encoded><![CDATA[<p>C&#8217;était encore l&#8217;époque des vinyles. Pour 50 francs, c’est-à-dire 7 euros, on s&#8217;achetait le dernier disque de Jacno (l&#8217;équivalent de 163 francs aujourd&#8217;hui…). C&#8217;était bien, il y avait encore des Burger King à Paris, et même des Freetime. Les années 1980 reviennent de loin, et c&#8217;est pas plus mal pour oublier les gérontes 68-tards qui se la ramènent gravement, style anciens combattants révolutionnaires de la semelle de crêpe. Pff! Au moins, chez Agnès B, on ne tombe pas dans le travers de mai qui pue. Je suis donc assis à côté du chanteur Jacno, allure de Bouddha à la mèche rebelle, placide et philosophe, arborant une belle chemise rouge garibaldienne. A ses côtés, Elie Medeiros, égérie eighties, qui avait troublé mes nuits jadis, toujours belle, plus belle même. Et enfin Yves Adrien, écrivain culte de Novövision, dandy futuriste rock’n’roll et anti-marxiste. Il est coiffé d&#8217;une énorme chapka, ses cheveux longs à la Sitting Bull tombant raides sur son visage émacié. Sa main gauche, hommage à Michael Jackson (?), est gantée de cuir noir et une ceinture enserre sa taille fine, un gigantesque logo YSL en guise de boucle. L&#8217;homme parle avec une suavité exquise, c&#8217;est plaisir d&#8217;entendre ses modulations éthérées de la langue française. Il décrit avec un style XVIIIe siècle comment il avait glissé par jeu son doigt dans un vagin consentant, et que ce dernier, se resserrant sur son index le tint prisonnier assez longtemps pour l&#8217;inquiéter. Dans le brouhaha de la galerie Agnès B, la voix et les histoires d&#8217;Yves Adrien se perdent comme des impromptus de Chopin. Dans “Je chante le rock électrique&#8221;, Yves Adrien avait écrit cette phrase prémonitoire :”Les teenagers préfèrent le bubblegum au marxisme, c&#8217;est heureux…L&#8217;imagerie du vécu dépasse n&#8217;importe quelle logique fondée sur un raisonnement. C&#8217;est là la force du teenager. L&#8217;aventure gauchiste n&#8217;est pas, dans le concept musical / électrique qui nous préoccupe, plus importante que la mode du twist ou des bottes à semelles compensées. (R&amp;F 1973). Ces fancies rock’n’roll ne sont pas innocentes, elles remettent aujourd&#8217;hui à leur place, l&#8217;idéologie de l&#8217;inculture ministérielle et autres abrutissements médiatiques de notre temps. Le Rock’n’roll ne ment pas, il roule, quitte à écraser les passéistes sur son chemin. Il suffit de lire (relire) &#8220;Lipstick Traces&#8221;, (une histoire secrète du XXe siècle) de Greil Marcus, ou le &#8220;Temps du Twist&#8221; de Joël Houssin pour s&#8217;en rendre compte. Au cœur de cette rue Dieu bien nommée, on boit des petits verres de blanc en mangeant libanais. Le temps passe depuis des décennies, nuit après nuit, sur ces monstres stoïciens et Yves Adrien me sert un verre avec un style très Barry Lindon ! Le Rock’n’roll comme le dandysme ne ment jamais, il prend son temps !</p>
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		<title>Les porcs tombent tout cuits !</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Apr 2008 23:02:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Tristan Ranx</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Le reste de la soirée fut d'un acabit beaucoup moins glorieux. Ni pont-des-arts, ni belles ingénues, ni fanfarons… ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="0cm;" align="justify"><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;">Me voici au milieu des Fanfarons dans un bar près de l&#8217;hôtel de la Monnaie. Décalage horaire post-soirée. Pour un brunch de nécessité vin rouge qui tâche et hamburger sans oublier le calva du patron. Il faut seulement un peu de sport pour caler l&#8217;ensemble. Et justement, en ces terres de nostalgie parisienne le baby-foot nous attend. Histoire de faire passer l&#8217;après midi, ce temps long des samedis ou on se dit :”</span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>Qu&#8217;est-ce qu&#8217;on fait ce soir ?</em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;"> “ Puis, imperceptiblement, doucement, lentement il est 17 h 00. J&#8217;ai quand même le loisir de rêvasser aux mystérieuses </span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>Imatongs Mountains </em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;">du sud Soudan ou le roi Georges VI avait fait construire un château secret en 1940 pour échapper aux V2 allemands en cas de coup dur. Mais ça, c&#8217;est un flash, une sorte de fulgurance entre deux verres. Traversons la Seine. Ce soir nous ne sommes pas poursuivis par un Cormoran&#8230; C&#8217;est le danger dans cette zone, principalement le pont-des-arts. La nuit tombe et on se dit qu&#8217;on aimerait bien montrer le coucher de soleil à une petite. Il suffit simplement d&#8217;imaginer la silhouette de Corto Maltese, au loin, pour nous rappeler à l&#8217;ordre </span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>: Oh petit ! Le sentimentalisme n&#8217;est pas de mise !</em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;"> Pardon Maestro. Une erreur de jeunesse sûrement&#8230; Impossible de se reposer dans un univers à l&#8217;eau de rose. En avant marche vers le romantisme noir des bougnats, écrasant le bitume parisien de nos semelles de cuir. Ce soir, nous sommes les </span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>Distingués</em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;">” du nom des chopes d’un litre dans les années 1920 à Paris. De nos jours, on appelle ces gros verres des </span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>Formidables</em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;">, à mon avis, une totale perte de sens ! Après avoir éclusé de la cervoise, l&#8217;info de la soirée nous tombe dessus à la manière romaine : </span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>les porcs tombent tout cuits</em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;">. On vient de décocher un pur plan de fin de soirée grâce à Gamin Rary. “ </span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>Une bouteille !</em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;"> Hurle-t-il, </span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>il nous faut une bouteille !</em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;">. L&#8217;argent ne se trouve pas sous le sabot d&#8217;un cheval et je fais un fond de poche. J&#8217;en sors un billet de cinq euros, le denier du pauvre. Je suis même attristé du chiffre misérable. Voici donc le Gamin Rary qui s&#8217;empare de la monnaie de singe et la tenant à bout de bras s&#8217;engouffre dans un bar à vin. “</span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>Une bouteille de vin mademoiselle !</em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;">” et la jolie serveuse de répondre en regardant la main tendue de cet improbable client : “</span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>J&#8217;imagine que vous voulez une bouteille de vin à cinq euros !</em></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><span style="normal;">”, et voilà la fausse ingénue qui emballe un petit nectar et nous le tend contre notre misérable obole. Le reste de la soirée fut d&#8217;un acabit beaucoup moins glorieux. Ni pont des arts, ni belles ingénues, ni fanfarons… Mais c&#8217;est comme ça que l&#8217;on trouve les bonnes adresses : le verre de vin y est à cinq euros. On vous le dit, </span></span></span><span style="Times New Roman,serif;"><span style="small;"><em>les porcs tombent tout cuits !</em></span></span></p>
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