Le problème de mai
Le problème de mai, c’est toujours une question de terrasses ! Comme les plus belles terrasses de France sont en province, il faut vraiment chercher l’Eldorado parisien entre les embouteillages, le tramway, les couloirs de bus, les bornes à vélib et autres poubelles. Ceci dit, je suis, en ce moment même en terrasse dans le XXe arrondissement, entre le Franprix et le métro, et j’en suis fort aise. Ce qu’il y a de bien en mai, ce sont les vernissages ! J’ai même assisté à une bagarre à coups de martini entre deux écoles artistiques ! Entre la déprime hivernale et le cocktail aux hormones printanières, ce n’est pas étonnant… Le mois de mai, c’est aussi le grand retour du barbecue, celui du Cercle Pan, à deux encablures de République, est tout droit sorti des « Enfants du Paradis ». On y parle de Jacques Rigaut, mais aussi de la « Happy valley » du Kenya pendant que notre hôtesse dessine à la lumière des bougies. Ce qui est moins bien en mai, c’est 1968… En ce moment, avec 40 ans au compteur, c’est comme manger un poulet au vinaigre, froid et périmé. Parmi toutes les bouses éditoriales sur 1968, qui vont servir à payer les retraites des chefs baby boomers, seule la réédition en poche de « Flash ou le grand voyage » de Charles Duchaussois, trouve grâce à mes yeux. Il est hilarant de suivre l’itinéraire d’un junkie hippie vers Katmandou… On rigole, mais on enculait bien les mouches à l’époque, alors que le top du top d’aujourd’hui, c’est quand même d’aller boire un Shrek au Kitch ! En mai, et ça, c’est nouveau, la France stress selon le clip de Justice. C’est bien vrai, trouver une bonne terrasse, quelle poisse !




Le mois de mai me fait prendre une année dans les cuisses.
Je reste dans le donjon et regarde la terrasse qui s’active à ses pieds.
Ca brunch de la saucisse, la sirote en Perrier menthe. Au moins les gens seront calés et auront bonne haleine.
Au soleil. 45minutes. Ca tue le stress et les clips. MTV chiale sa ride au profit de jupes fleuris. Tant mieux.
Cet été, la mode est au pastel : godets de violettes. On s’amuse la gueule à la rose. Et on reste con.
105 rue Oberkampf 75011.
Je vous vois tous.