Céline et Raphaël (titre provisoire)
Lundi 20 octobre, 2008 • Par Adeline Grais-Cernea • Catégorie: Once upon a fuckVous vous retrouvez dans un café.
On est à Paris.
Café parisien typique.
Vous êtes déjà installés en fait.
Vous discutez la tête recourbées sur des livres.
Un garçon arrive. Un serveur. Il pose des cafés sur la table et vous le remerciez.
On ne sait encore pas trop ce que vous faites.
Et puis vous commencez à discuter, mais j’ai la flemme d’écrire les dialogues.
Vous parlez d’espagnol. De la langue espagnole. Et toi, tu la reprends. Son accent est mauvais.
On improvisera. Bref.
On comprend que tu lui donnes des cours d’espagnol. Vous êtes concentrés et sérieux.
Et elle, elle te regarde avec les yeux de quelqu’un qui respecte son professeur.
Vous avez quasiment le même age. Pas loin de trente ans.
C’est à ce moment là qu’un autre garçon arrive.
Quelqu’un qui vous connait tous les deux et qui vous tape la bise sans trop s’étonner de vous voir là.
Il s’assoit à votre table. C’est un ami. Il commande un café, et vous parlez tous les trois.
Hein? De quoi? Bah, je sais pas trop de quoi encore. Une discussion qui fera que tout le monde comprendra que vous êtes amis, tous les trois.
Peut-être un truc en rapport avec des vacances communes, ou bien un dîner en perspective… on verra, je sais pas.
Et puis arrive une fille.
Elle arrive en parlant fort. Elle vous embrasse tous les trois et s’assoit avec vous.
Et vous lui demandez des nouvelles. Alors? Quoi d’neuf? J’ai pas encore les détails en tête.
Elle vous raconte qu’en sortant de chez le fleuriste elle est tombée sur Mme Mangin. Eclats de rires, de voix, de oh c’est pas vrai, et quelle tête elle a?
Vous vous remémorez des souvenirs de collège et l’on comprend que vous êtes tous amis d’enfance.
Pardon? Oui c’est basé essentiellement sur les dialogues.
Hmm? Non, j’ai pas encore écrit les dialogues. J’ai pas eu le temps.
Bah… je sais pas. Je vais le faire, c’est bon.
Ensuite, toi tu te lèves. Tu relèves tes cheveux en queue de cheval. Non, avant tu te remets un peu de rouge à lèvres.
C’est pas vraiment primordial pour le reste de l’histoire mais c’est pour qu’on sache de qui je parle.
(à voix basse : celle qui apprend l’espagnol…) On ne souffle pas!
Et tu t’en vas en disant que tu as rendez-vous avec plusieurs clients cette aprèm et qu’il faut que tu repasses à l’agence avant, genre:
« Bon j’y vais, j’ai rendez-vous avec des clients, et il faut que je repasse à l’agence avant.» On ne rentrera pas plus dans les détails.
Et les autres te disent salut et commandent à déjeuner, genre:
« Salut salut, bon, on bouffe?»
La journée se finit. On le sait parce que j’en parle pendant un petit moment.
J’explique un peu, qu’il fait presque nuit, tout ça, mais pas trop longtemps parce qu’il n’y a rien de pire que les descriptions trop longues.
Tu rentres chez toi.
Je raconte vite fait ce qui se passe dans ta tête quand tu es dans l’ascenseur. De fait, tu deviens un peu l’héroïne.
Tu rentres dans ton appartement. Tu vas vers le salon et tu poses ton sac sur le canapé.
Et là, débarque ton pote d’enfance qui te donne les leçons d’espagnol. Il est déja dans l’appart en fait.
Je ne sais pas trop comment je vais l’amener. C’est plutôt visuel comme effet de surprise. J’y réfléchirai.
Bref. Il se colle à toi, et t’embrasse dans le cou et te pelotant les nibards et l’on comprend alors que ce n’est pas vraiment que ton colocataire, ou que ton ami, ou que ton ami d’enfance.
Bon y’aura une ellipse. J’écrirai sans doute un truc qui n’a rien à voir avec tout ça. Une constatation un peu légère sur la vie, sur les hommes et le programme télé.
On vous retrouve au lit. Vous vous racontez votre journée. Les dialogues sont courts. Elle parle de ses rendez-vous avec ses clients. Elle dit juste qu’elle a vu des clients en fait.
Et toi tu parles de ton dej avec vos potes du collège. Que c’est cool d’avoir des amis de longues dates ect…on brodera.
Vous faites l’amour. Ca sera très sale ou très prude. J’ai pas encore choisi. Soit vous testez tout un tas de fantasmes obscènes. Soit vous faites ça classique et en quelques minutes. Je sais pas encore si ça a de l’importance. Au début, j’avais vraiment envie d’un truc initiatique un peu crado, mais bon, tu lui apprends déjà l’espagnol…
Le lendemain c’est samedi.
Elle s’est réveillée avant toi et commence à faire le ménage.
Je sais c’est un peu cliché, mais là j’ai pas d’autres idées.
Et puis elle vient te voir et te dit d’une manière un peu sèche :
« Tu te lèves oui ou merde?! C’est samedi et on va déjeuner chez maman!»
Tu souffles. Et bon, pour finir, tu te lèves. Y’aura probablement un long monologue intérieur sur toutes les choses qui te cassent les couilles dans la vie.
Vous arrivez chez la vieille qui vous reçoit en hurlant:
« Mes enfants!»
Elle vous embrasse et reprend la fille dans ses bras :
« Ma chérie!»
Vous déjeunez. Tous les trois à table. C’est un peu morbide. Salade de tomates pelées et hachis parmentier.
Vous vous posez des questions. Vous n’êtes pas d’accord. Et tous les deux là, vous commencez à vous chamaillez.
Et là, la mère dit : « Oh arrêtez un peu hein! Vous n’avez plus 5 ans! Et toi laisse ta soeur un peu tranquille, tu l’enquiquines toujours!»
Et vous rigolez. Sans doute de vous souvenir que vous êtes frères et soeur.
Le soir vous sortez boire un verre.
Au bar, vous rencontrez une fille.
Vous discutez avec elle. Elle a l’air un peu gourde.
Vous vous racontez vos vies en surface. « On est frère et soeur» . Vous la draguez ouvertement et à tour de rôle. Ca vous amuse.
Vous la ramenez chez vous et commencez à la déshabiller.
Elle sort : « Mais vous allez pas me baiser en même temps!»
Toi tu réponds : « Pourquoi pas?»
Elle dit : « Parce que vous êtes frère et soeur, c’est dégueulasse!»
Alors, toi, tu enlèves ton soutien gorge, tu te frottes à ton frère et tu lances : « On est demi-frère et demi-soeur, on a pas le même père, c’est de moitié moins grave, non?»
L’autre fille trouve ça immoral et se barre.
Vous allumez une clope et vous vous mettez au lit.
Vous faites l’amour, mais à en croire ce qui se passe dans vos têtes respectivement, vous trouvez ça nul. (Je le sais puisque c’est moi qui vais l’écrire)
Alors il se retourne vers toi et te demande :
« Je suis quoi pour toi?»
Et toi tu réponds sobrement et sans trop en faire :
« Mon ptit chéri, tu es TOUT pour moi.»
Et TOUT en disant cela, tu tends la main, paume en l’air : « …TOUT, y compris un de mes clients.»
(+ éventuellement une phrase de fin du style « J’attends mon blé sale petite merde» ou « au fait je suis enceinte, la famille s’agrandit» , à voir…)
Adeline Grais-Cernea est au lit dans le texte.
BORDEL n°9 (en librairie),Standard Magazine, AMUSEMENT, T.I.N.A ed. è®e. Marion Paris Grosse Pute,
"Le Bon Sens de la défaite";"TELECTOR 07"; "Once upon a room": "Entretiens avec AGC", "Spasmes de la vie ordinaire"
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